Comment prendre une bonne décision ?

Hésiter face à une décision

Lorsqu’il faut prendre la bonne décision

Vous vous êtes certainement retrouvé dans ces situations où prendre une décision n’était pas chose facile. On pèse le pour et le contre, on s’englue dans des tas de “bonnes raisons” et dans des hypothèses, on a du mal à faire la part des choses pour prendre LA BONNE DECISION.

Ajoutez à cela la pression du regard des autres, le qu’en-dira-t-on si on se plante, les fameux « je te l’avais bien dit ! » si l’option que nous avons retenue s’annonce finalement être un échec… Car malgré notre bonne volonté et le sentiment de bien faire, les résultats escomptés ne sont pas toujours au rendez-vous !

Alors, comment faire pour prendre une bonne décision ?

Voici quelques repères pour affûter notre attitude et notre analyse quand nous faisons face à une situation… à choix multiple !

Les facteurs qui influencent nos décisions

Savez-vous que notre cerveau veut notre bonheur ? Face à une situation, il cherchera :

– le chemin le plus facile pour lui, qui demande le moins d’effort.

– la solution qui évitera la douleur pour privilégier celle qui donnera plus de plaisir.

Il cherche la décision la plus profitable, la plus immédiate pour apporter le meilleur bénéfice ou la meilleure récompense.

Nous n’avons pas tous les mêmes influences dans nos prises de décision, selon nos personnalités, nos expériences, nos préférences, notre représentation du monde. Certains viseront le court terme, d’autres capitaliseront sur le long terme, certains privilégieront certains bénéfices plutôt que d’autres.

L’éducation, les habitudes – qui rassurent, l’environnement conditionnent nos critères de choix, car ils interviennent souvent de manière automatique, souvent inconsciemment.

3 pièges à éviter dans la prise de décision

Plusieurs facteurs interviennent dans une prise de décision, notamment les biais qui influencent fortement notre jugement et nous font voir la réalité à travers un filtre. Savoir les identifier vous permettra d’éviter de grossières erreurs !

Les biais influencent notre perception de la réalité
Une seule idée peut transformer la réalité (Image extraite du film Inception)

1/ Le biais de confirmation

Le biais de confirmation, c’est le fait rechercher tous les éléments qui vont confirmer les croyances que nous avons déjà, et de rejeter celles qui les contredisent. Nous le pratiquons tous couramment, sans nous en rendre compte la plupart du temps.

L’être humain est le meilleur pour interpréter toute nouvelle information de façon à ce que ses conclusions précédentes restent inchangées.

Warren Buffett

Nous croyons ce que nous voulons croire, et nous en cherchons la confirmation. De cette façon le cerveau gagne du temps et de l’énergie, plutôt que d’analyser des éléments qui lui sont inconnus et qui lui demanderaient un effort pour se les approprier.

Si vous regardez bien, le biais de confirmation est souvent à l’oeuvre dans les débats idéologiques ou bien sur les sujets politiques, écologiques, d’éducation… Prenez le sujet des vaccins qui divisent ses partisans et ses détracteurs ! Chacun cherchera à convaincre avec des arguments qui lui sembleront évidents, tandis que l’autre n’entendra pas les arguments avancés. Il est inutile de vouloir convaincre si la personne n’a pas l’intention de changer d’avis !

Face à une situation où nous devons prendre une décision, ce biais fausse le jugement et ne nous permet pas de prendre une décision objective.

Ce n’est pas parce que nous sommes SURS d’une décision qu’elle est nécessairement JUSTE

Comment faire ?

Prêter attention aux informations contradictoires, les tester, se conditionner pour éviter les partis-pris et chercher la meilleure option quelle que soit la conséquence pour soi. Cela suppose de faire taire son ego !

Accepter de ne pas savoir et rechercher de nouvelles informations. Une technique que j’aime bien : une fois que j’ai posé sur papier les options envisagées, je me dis qu’il y a deux autres possibilités que je ne vois pas encore. Je m’attache à les chercher, à échanger avec d’autres pour connaître leur perception et “ouvrir le champ des possibles”.

2/ Vouloir agir plutôt que ne rien faire : le biais de l’action

Devant une situation de stress, nous avons tendance à vouloir réagir à tout prix: “Mais fais quelque chose !!”

Agir ou ne rien faire ?

« Faire quelque chose plutôt que ne rien faire » n’est pas toujours la bonne option, c’est parfois une très mauvaise décision ! Elle peut être justifiée par le besoin de modifier une situation insupportable, ou par la peur qu’on nous reproche de n’avoir rien fait plutôt que d’avoir « tenté quelque chose ».

Il est nécessaire de considérer que « ne rien faire » est une décision à part entière, c’est même parfois la plus difficile à prendre lorsque que des options de réaction se présentent à nous. Attention à ne pas confondre l’inaction avec la fuite ou le déni ; ce n’est pas la même chose !

Egalement, il vaut mieux ne rien faire lorsque nous sommes sous l’emprise des émotions, excitation, colère, tristesse… Ces émotions biaisent notre perception de la situation et nous pouvons prendre des risques. Réagir sur un coup de tête a de fortes chances d’être la pire des solutions, qui risque de rendre la situation encore plus compliquée.

Comment faire ?

Pour éviter l’engrenage, laissons le temps de faire retomber les émotions pour éviter les dérapages que nous regretterons.

3/ L’auto-sabotage par la peur

Il est fréquent que nous écartions une ou plusieurs options, parce que nous avons peur du changement que cela implique ou parce que nous ne connaissons pas encore l’inconnu.

La peur est à l’origine une réaction de survie et de protection. Elle nous amène à faire des projections avec des conséquences qui, la plupart du temps, sont fausses et qui n’arriveront jamais !

La peur est souvent mauvaise conseillère, surtout lorsqu’elle nous bloque ou nous paralyse. Or, comme le dit Max Piccinini, « derrière la peur, il y a le bonheur ». Il est important d’accueillir la peur, de la comprendre. Puis d’agir quand même. C’est même parfois la décision qui nous fait le plus peur que nous devons prendre, quand nous sentons qu’elle est en phase avec nos valeurs, nos aspirations, quand nous nous sentons aligné.

Comment faire ?

Prenons conscience que notre perception et nos décisions sont sous l’influence des biais. Prenons le temps de les détecter pour nous ouvrir à d’autres possibilités, faisons l’effort d’écouter des propositions et des points de vue différents et de les tester.

Acceptons le fait d’avoir peur, comprendre pourquoi nous avons peur, se rappeler que la plupart des peurs sont irréelles, agir quand même en se donnant le droit à l’erreur.

Comment décider quelle décision prendre ?

Alors, comment régler sa boussole ?

Prendre une décision, OK. Mais ça peut paraître complexe. Alors comment s’assurer que la décision nous convient réellement ?

Les questions que je me pose systématiquement et qui me permettent de prendre du recul, c’est POURQUOI ? POUR QUOI ? Pour quel objectif ? Qu’est-ce que je veux vraiment ? Qu’est ce qui est le plus important pour moi ?

Est-ce que les options possibles sont en phase avec ces questions ?

Je me pose sur chaque option envisagée, et je me demande si elle me correspond vraiment ou si elle est juste le miroir de ce qu’on attend de moi (employeur, entourage, conjoint, normes sociales…).

Pour conclure: les étapes pour prendre une décision

1/ Se poser les bonnes questions de départ : pourquoi ? Pour quoi ? Qu’est-ce qui est important pour moi ? Quels bénéfices j’obtiendrai et sont-ils en phase avec ce que je suis ?

2/ Ne pas négocier avec les critères qui entrent en conflit avec mes valeurs. Ils seront assurément une cause d’échec ou d’insatisfaction par la suite. Ecouter mon intuition, cette petite voix au fond de moi qui me dit si cette option me parle ou pas.

3/ Accepter que ma perception est limitée à mon propre champ de vision. Etre capable de détecter les biais et d’étudier les différentes options (en plus cela entraînera ma plasticité cérébrale !).

4/ Me donner du temps pour prendre du recul par rapport à mes émotions, ne pas sur-réagir aux événements pour ne pas avoir à regretter mes décisions.

5/ Me demander si je serai fier(ère) de cette décision, et de ce qu’elle implique.

6/ GO GO GO ! Avoir le courage d’agir, et d’avoir le droit à l’erreur ! Après tout, l’erreur ne fera que muscler notre capacité d’analyse et de prise de nouvelles décisions !

Le saviez-vous ?

1/ Nous prenons nos décisions consciemment : c’est faux ! La grande majorité de nos décisions est prise de manière inconsciente. Tout au long de la journée, nous prenons des décisions inconsciemment (se lever, conduire, ranger un document etc…)


2/ Cerveau gauche, sphère de la logique et cerveau droit, sphère des émotions : Les deux sphères sont interconnectées et interagissent entre elles. Et aussi, nous n’utilisons pas non plus 10% de notre cerveau comme la croyance populaire le prétend !
Chaque décision mobilise de nombreuses zones du cerveau.

3/ En vieillissant le cerveau ne fabrique plus de neurones : La bonne nouvelle, c’est que, à tout âge, le cerveau peut fabriquer des neurones et se « reprogrammer », en créant des chemins neuronaux différents : changer d’habitude, de façon de penser, de percevoir le monde… et prendre des décisions ! La moins bonne nouvelle, c’est que vous ne pourrez plus utiliser l’excuse « je suis comme ça, je ne changerai pas ! », car chacun a la possibilité d’exploiter son potentiel et de modifier les chemins neuronaux qu’il s’est créés. Hi hi
!

Si vous voulez en savoir plus sur les biais, allez lire cet article qui présente 25 biais cognitifs.

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6 thoughts on “Comment prendre une bonne décision ?

  1. marieannesars says:

    Merci pour cet article inspirant ! C’est intéressant de comprendre comment notre cerveau fonctionne pour reprendre le contrôle sur notre vie et nos décisions. Je suis tout a fait d’accord avec toi, nous devons suivre nos valeurs et ne surtout pas prendre de décisions sur le coup de l’émotion!

    • Marie says:

      Merci marieannesars, oui le cerveau est la clé entre autres de nos comportements, c’est un sujet passionnant que l’on retrouve à travers les neurosciences. Nous ne contrôlons pas tout mais nous pouvons reprogrammer ce que nous voulons consciemment, je trouve que c’est une expérience formidable !

  2. Lilly says:

    Excellent article avec des réponses et des conseils concrêts. On prend tellement souvent des décisions pour les autres et non pas pour nous. Et on ne prend pas assez souvent non plus le temps de la reflexion, de savoir si réellement cette décision est en phase avec nos valeurs et si elle n’a pas été prise sous le coup de l’émotion. Merci pour ce plan d’actions !

    • Marie says:

      Oui Lilly, notamment les personnes empathiques ou qui se rendent très disponibles pour les autres ont tendance à s’oublier. Leur besoin de faire plaisir peut les amener à prendre des décisions qui ne sont pas vraiment les leurs. Merci pour ton commentaire 🙂

  3. marie says:

    Bonjour Marie,
    j’aime beaucoup ce que tu dis,
    “L’être humain est le meilleur pour interpréter toute nouvelle information de façon à ce que ses conclusions précédentes restent inchangées, -W. Buffet-“, et “La moins bonne nouvelle, c’est que vous ne pourrez plus utiliser l’excuse « je suis comme ça, je ne changerai pas ! », car chacun a la possibilité d’exploiter son potentiel et de modifier les chemins neuronaux qu’il s’est créés.”
    Voilà, c’est très simple à comprendre, car tout est dis ! Super article

    • Marie says:

      Bonjour Marie, merci pour ton commentaire. Nous avons cette capacité à nous “modeler” nous-mêmes et cela nous rend libre de devenir ce que nous voulons être.

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